Les tablettes numériques vont-elles sauver la presse ?
Indéniablement, l’iPad est un succès. Apple a vendu 2 millions d’exemplaires de sa tablette numérique en deux mois, depuis sa sortie aux Etats-Unis le 3 avril et en Europe le 28 mai. Mais cet outil, dont le prix reste élevé (499 euros pour le modèle de base avec Wi-Fi, sans connexion 3G), n’est que l’arbre qui cache la forêt numérique à venir. D’ici un an, de nombreux fabricants taïwanais, sud-coréens, japonais vont lancer leurs propres produits et tirer les prix vers le bas. Le cabinet d’études IDC a diffusé des chiffres très optimistes. Selon lui, 7,6 millions de tablettes devraient être vendues dans le monde en 2010. Un chiffre qui pourrait atteindre 46 millions d’unités en 2014, soit une progression de 57,4 % par an !
Analyse Les tablettes numériques vont-elles sauver la presse ?
// Les éditeurs de presse sont vivement intéressés par ces nouveaux produits. Certains y voient même “la dernière chance de sortir du modèle de la gratuité”, comme le souligne Ernesto Mauri, président de Mondadori France. Ceux qui ont eu l’occasion de tester l’iPad ont été agréablement surpris par le confort de lecture qu’il offre, pour les quotidiens comme pour les magazines.
Les tablettes proposent un produit hybride, totalement inédit. D’une part, une expérience de lecture comparable au papier, avec feuilletage, lecture de textes longs, mobilité, mais aussi lecture à tête reposée, par exemple confortablement assis sur son canapé ; d’autre part, les avantages du numérique, avec des textes enrichis par de la vidéo, des sons et des mises à jour en temps réel.
Ce nouveau support ne fera pas disparaître du jour au lendemain la presse magazine. L’ergonomie du papier, bon marché, pliable, transportable, résistant, archivable, restera longtemps insurpassable. On ne lira pas cet été sur la plage une tablette numérique comme on feuillette un livre ou un magazine people. Comme le déclarait Umberto Eco à Télérama, “vous pouvez jeter un livre du cinquième étage, vous le retrouverez plus ou moins complet en bas. Si vous jetez un e-book, il sera à coup sûr détruit”.
La presse quotidienne, de par sa dimension éphémère, est davantage concernée. Déjà, les éditeurs ont sorti leurs calculettes. Aujourd’hui, dans le prix de vente d’un quotidien, la distribution représente un peu plus de 30 % des coûts, la fabrication (papier et impression) entre 20 et 25 %. Le transfert sur le numérique permettrait, en théorie, une économie de l’ordre de 55 % ! Certains patrons de presse songent sérieusement à encourager le basculement vers le numérique en offrant à leurs abonnés papier, au lieu d’une cafetière à expresso, une tablette numérique. Ceux-ci prendraient ainsi l’habitude de lire leur journal sur écran mobile. Avec une tablette à 100 euros, ce qui correspond à peu près au prix des cadeaux offerts pour recruter de nouveaux abonnés, cette option est envisageable.
A terme, la presse quotidienne pourrait s’affranchir de coûts fixes considérables, qui ont mobilisé les investissements des entreprises au cours des dix dernières années, comme le rappelle Patrick Le Floch, spécialiste de l’économie des médias : “Entre 1999 et 2009, 70 % des investissements aidés par le Fonds de modernisation de la presse sont allés aux imprimeries.” Ne vaudrait-il pas mieux subventionner les tablettes, comme l’Etat a favorisé le développement du Minitel dans les années 1980 ?
La réalité n’est pas si simple. Il faut d’abord tenir compte du coût social considérable que représenterait la fermeture progressive des imprimeries de presse. D’autre part, la rentabilité n’est pas assurée sur les tablettes numériques. Certes, l’éditeur économise 55 % de coûts fixes. Mais, sur l’iPad, Apple prélève 30 % du revenu, soit à peu près l’équivalent des tarifs de Presstalis, principal distributeur de presse en France. En outre, la TVA sur le numérique est de 19,6 %, alors qu’elle n’est que de 2,10 % sur l’imprimé.
Surtout, on ne sait pas si les utilisateurs de tablettes seront prêts à payer pour acheter des applications de presse ou à s’abonner à un quotidien via un support numérique. En tout cas, certainement pas au prix du papier. Les offres qui semblent fonctionner aujourd’hui sur l’iPad se situent à 50 %, voire moins, du prix de l’imprimé. Il n’est pas sûr non plus que les ressources publicitaires seront au rendez-vous.
Bertrand Pecquerie, directeur du Forum mondial des éditeurs, est modérément optimiste : “Ceux qui pensent que les tablettes seront un substitut du papier se trompent. Les premiers tests aux Etats-Unis montrent que l’iPad est un outil de divertissement pour un usage familial. Pas pour un usage professionnel.”
Les tablettes numériques devraient donc conquérir un public jeune, tandis que les baby-boomers, qui sont les plus gros lecteurs de la presse, devraient rester longtemps encore attachés au papier. Selon M. Pecquerie, “les journaux ne vendront pas une, mais plusieurs applications spécifiques, sur des niches. A condition qu’elles explorent toutes les capacités de l’outil, avec des photos, de la vidéo, de l’échange”. A terme, les tablettes ne pourraient représenter qu’un revenu complémentaire, de l’ordre de 10 % à 15 % du chiffre d’affaires de la presse. Elles ne devraient pas non plus supprimer le journal papier, dont le prix va progressivement augmenter et qui devrait passer bientôt de la catégorie du mass média à celle du produit de luxe.
———————————————————————————————————–
Quel modèle pour la presse française sur iPad ?
| Et une fois de plus, on revient à la question des prix ! | |
![]() |
A quelques jours de la sortie de l’iPad, les éditeurs de presse Européens ne semblent pas si pressés qu’aux Etats-unis de proposer leur application maison. Aux Etats-unis, les premiers résultats semblent mitigés. Alors : doute, attentisme, ou stratégie alternative ? |
| . |
![]() |
Applications dédiées : sympa, mais cher !La presse européenne semble plutôt prudente, et ne se lance pas tête baissée de manière systématique dans une révolution complète des modèles pour les magazines. Certes, il y a des initiatives fortes, comme l’équipe, présentée sur iPad grâce à Milibris, ou le journal le monde, pour ne citer qu’eux. Il est nécessaire de voir pour les éditeurs de presse comment les consommateurs réagissent au prix. Par exemple, l’équipe, vendue 1,59 € au numéro contre 0,95 € en version papier pourrait constituer un frein (ou pas !). Les prix actuels sont donc je pense en phase de test haute. Après tout, si les gens achètent à ce prix là, les éditeurs de presse auraient tort de se priver, non ? |
| Mais la concurrence arrive, en proposant 2 choses très importantes : l’agrégation des magazines sur une seule plateforme d’une part, et des prix moins chers que le papier d’autre part. |
Une application pour tous ?Agréger l’offre de presse numérique et proposer de fortes réductions pourrait devenir LE modèle idéal pour beaucoup de magazines et journaux. C’est ce que propose Zinio par exemple (vidéo à droite) en agrégeant l’offre de la presse Française, tout en proposant des tarifs allant de -10 à -50 % par rapport aux versions papier. La simplicité d’un modèle centralisé qui propose des prix vraiment intéressants séduira sûrement. |
. |
| Pouvoir acheter moins cher des versions numériques depuis une seule et même application me semble être une vraie solution d’avenir, même si je trouve que l’expérience de lecture est, pour l’instant au moins, moins aboutie que sur la plateforme Milibris. Mais bien sûr, tout le monde n’a pas envie de se voir noyé dans la masse. Les plus grands titres préfèrent peut-être ne pas proposer de réductions. |
Et pourquoi pas l’abonnement ? |
| Je pense que c’est Relay ou un système similaire qui en France pourrait venir jouer les troubles-fête. Outre le fait qu’il est déjà possible de lire les magazines de Relay sur iPad en ligne, une application iPad serait en préparation. Et à 17,90 € par mois le forfait illlimité donnant à accès à un grand nombre de magazines connus, voilà une offre pour le moins compétitive. Il faudra voir ce que cela donnera sur l’iPad. Tous les magazines et journaux ne sont pas disponibles, pour les raisons précédemment citées…..mais quoi qu’il en soit, l’abonnement sera certainement le modèle de demain, car c’est tout simplement le plus intéressant pour l’utilisateur.par Florent Taillandier L’actu des ebooks
|
———————————————————————–
Les ebooks affichent un coût de production raisonnable
(06/05/2010)
par Relaxnews
Selon une étude commandée par l’Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France (Le MOTif) à Hervé Bienvault (Aldus Conseils), consultant indépendant auprès des acteurs du livre et de la presse, les coûts des ouvrages numériques seraient plutôt peu élevés. L’étude prend en compte cinq modèles de livres, du roman à la bande-dessinée en passant par le guide pratique illustré, l’essai et le “beau livre”, ainsi que trois variables à savoir la numérisation à partir du livre papier, le fichier numérisé et la production d’une nouveauté.
Selon un calcul regroupant la numérisation du support papier, les droits de reproduction des illustrations et la création de contenu multimédia, l’étude conclut à un coût moyen selon le type de livre. La production d’un nouveau roman en version numérique parallèlement à la formule papier est estimée à un prix de revient de 151 euros pour un ouvrage de 256 pages. Pour un prix de vente à 12,99 euros, le point d’équilibre serait ainsi atteint à partir de 46 exemplaires.
Cette enquête ne considère pas les coûts de création des ouvrages, ni les frais de structure des maisons d’édition qui sont déjà supportés pour les versions papier. L’étude ne porte pas non plus sur le prix de vente, qui dépend de la stratégie des éditeurs, mais établit un prix moyen allant de 4,99 euros pour les BD à 14,99 euros pour les guides et les beaux livres et 12,99 euros pour les romans et les essais.
Les éditeurs obtiendraient alors une marge allant de 1,25 euros pour les BD à 3,76 euros pour les livres les plus chers. Soit approximativement 25% du prix hors taxe contre 21% par rapport au support papier. Les seuils de rentabilité “ne semblent pas irréalistes : entre 50 et 500 exemplaires pour des nouveautés, de 200 à 800 exemplaires pour des livres à numériser sans contenu multimédias”, révèle l’étude.
L’apparition du livre numérique bouleverse la répartition du prix de revient selon les acteurs du secteur. Les opérateurs téléphoniques font leur apparition avec 8% du prix de revient. Alors qu’aujourd’hui le libraire bénéficie de 36% du prix hors taxe d’un ouvrage, sa part se réduit à 27% pour un livre numérique. L’auteur verrait augmenter sa part augmenter avec15% du prix de vente au lieu de 8% pour une version papier de son livre. Mais le secteur devra faire face à de nombreux investissements. Le nombre croissant de supports oblige les éditeurs à adapter leur production en fonction des formats. Les plateformes numériques (catalogue des offres) représenteraient quant à elles 500.000 euros d’investissement au minimum.
Pour mener à bien cette étude, l’auteur a interrogé une vingtaine d’éditeurs, diffuseurs, distributeurs et libraires.
…et il vient de prouver son potentiel commercial ! |
|
| La technologie 3QI pour écrans de Pixel Qi est une véritable nouveauté dans le monde des écrans. Au point que l’IEEE lui a décerné le prix de la technologie émergente au plus grand potentiel de succès financier par l’IEEE. Un type d’écran qui pourrait dynamiser le secteur ebooks, mais qui se fait attendre… | |
Le concept: un écran, 2 modes d’utilisation… |
|
| L’idée des écrans Pixel QI est de proposer de passer à volonté d’un affichage rétro-éclairé (celui habituel des écrans LCD) à un écran non-retroéclairé (identique au e-paper, mais capable dé gérer couleur et animation).Cette idée est réellement révolutionnaire, et d’ailleurs on attend beaucoup de la tablette Adam de Notion Ink qui sera la première à embarquer pour le grand public la technologie Pixel Qi.Certains considèrent d’ailleurs que cette technologie fait de la tablette Adam le principal concurrent de l’iPad de par son écran mieux adapté à la lecture et à l’extérieur, tout en étant aussi capable que l’écran LCD de l’iPad pour le reste.Mais elle pourra aussi s’embarquer dans des ordinateurs portables, netbooks et peut-être même des écrans plus petits… |
Des annonces et des retardsAnnonces et retards se sont accumulés depuis quelques mois. Mais Mary Lou Jepsen explique dans un récent billet sur son blog que la crise financière est passée par là, et que Pixel Qi a aussi eu des problèmes pour la fabrication de masse. Ces problèmes seraient désormais résolus. Des partenariats seraient aussi en cours avec de grandes marques. On se rappelle aussi de l’annonce d’écrans Pixel QI 10 pouces à monter soi-même pour remplacer son écran de netbook. Une bonne idée oubliée ? Non, ils devraient bien être commercialisés assez rapidement. En fait, les écrans continuent même d’évoluer, et pourraient même devenir tactiles (capacitifs). |
||
Pixel Qi, mais aussi Liquavista et Mirasol… |
|
Face à Pixel Qi, Liquavista et Mirasol vont proposer aussi la couleur sans rétroéclairage. Le résultat final, les prix des différentes technologies et les partenariats passés avec les fabricants de netbooks ou lecteurs d’ebooks seront donc décisifs. Et concernant les prix, il semble que Pixel QI sera capable de produire à des coûts très bas. La possibilité de changer des écrans pré-existants pour des écrans Pixel Qi pourraient aussi aider Pixel Qi à se positionner de manière très intéressante pour peu que cela ne coûte pas cher. Concernant les ebooks, si l’écran capacitif est réussi et si le résultat est de qualité (comme certaines images comparant le rendu avec le Kindle semblent le montrer), on aura un véritable outil intéressant pour la lecture. Et capable de gérer la couleur. Là encore, de bons partenariats seront nécessaires pour faire la différence. Celui avec le Adam de Notion Ink devrait faire une bonne publicité. Pour en savoir plus (en Anglais), rendez-vous sur le blog de Pixel Qi |


